Atelier écriture

L’enfant plante ses yeux dans le regard du loup. Il est  là, assis sur le banc en face de l’enclos. Tout est immobile et serein en ce matin de fermeture du parc zoologique, mais le jeune garçon songe à toute vitesse. Ses pensées le plongent en Afrique verte, dans les combats du Congo quand, enfant soldat, on l’obligeait à porter les armes. Sa fuite miraculeuse et les tirs d’une salve d’arme automatique résonnent dans sa tête encore, alors que la cloche d’une église retentit non loin du zoo. « Les hommes sont-ils tous mauvais et abjects? » se répète t-il in petto. Et puis l’errance sur les routes jusqu’en Afrique jaune, le sable, son compagnon d’infortune : comme il l’aimait le chameau Casserole! Et brusquement sa pupille s’ouvre sur son présent.

Le camp des réfugiés du canal de l’Ourcq… Là bas, il ne veut plus y retourner. Hier la bagarre au couteau entre migrants, il se dit qu’il n’y retournera plus. Oui, les hommes sont dangereux sans espoir, lorsqu’ils n’ont plus rien qu’un bout de toile pour abri… Lui, le réfugié, se demande comment fait le loup quand il pleut? Lui, l’apatride, sait que l’Alaska est loin, très loin, et des questions le submergent :

  • « Comment a t-il fait pour venir ici ? »
  • « A t-il une famille encore ? lui manque t-elle? »
  • « Les hommes lui ont-ils fait du mal ? »

Il ressent de la honte d’être de race humaine. Mais en même temps un fort sentiment d’empathie le gagne : » j’ai plus de points communs avec cet animal que je n’en aurai avec n’importe qui d’autre ! ». L’enfant s’apaise en imaginant cette amitié.

Voici ma vision du point de vue de l’enfant. Je suis le narrateur et j’imagine ce que pense l’enfant. Ce texte doit être un modèle pour la suite de l’atelier, mais vous devez imaginer d’autres choses.

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