De l’antiquité au moyen-âge partie II

  • Une époque loin d’être formidable

En France, on présente souvent une image fausse d’une rupture entre l’antiquité et le moyen âge en 476. C’est comme si d’un coup on passait d’Asterix le Gaulois au moyen âge avec ses châteaux forts en pierres. Non, ça ne s’est pas passé comme ça, les barbares ne sont pas arrivés faisant tabula rasa (table rase) de l’héritage romain. En fait c’est tout le contraire qui va se dérouler. Nombre de chefs romains restent au pouvoir pour administrer des provinces en Gaule et surtout, les barbares sont en fait des peuples avec des guerriers que l’empire romain avaient mis pour garder les frontières. Par contre les richesses des romains sont bien pillées, ça, on peut pas dire le contraire !

Dans tous ces peuples barbares, il y en a un qui vient plutôt de la Belgique actuelle et qui s’appelle les Francs. On les appelle comme ça parce qu’ils ne payent pas d’impôts (on parle de zone franche que dans un lieu où on ne paye pas d’impôt) en échange du service de sécurité qu’ils offraient aux romains. Ce peuple est vit un peu comme les romains : il a des lois écrites en latin qui limitent les vengeances entre les personnes. On dit que c’est une loi pénale actuellement. C’est la loi des Francs saliens, on l’appelle la loi Salique. En voici un extrait :

L’un des articles que je préfère de ces lois écrites est le suivant :

  • La règle est le droit à la vengeance privée (faida) par les armes, de
    la famille de la victime à l’encontre de la famille du coupable. Mais il existe la possibilité de renoncer à cette vengeance en échange d’une compensation pécuniaire (wergeld), y compris en cas de blessure ou de meurtre.
  • Plus rarement, l’affaire est portée devant un tribunal, présidé par un
    comte. Seule l’accusation lancée par une personne contre une autre peut ouvrir un procès, mais en l’absence d’aveux ou de témoignages, les
    déclarations étant faites par serment, il faut vérifier leur validité par
    l’ordalie ou jugement de Dieu. Celui qui doit prouver son innocence est soumis à une épreuve physique par l’eau ou par le feu : il doit plonger sa main dans de l’eau bouillante !

Et oui, la loi est dure, mais c’est la loi, comme disaient les romains.

Bon, si je vous parle de ça, c’est que Clovis était un franc Salien et donc qu’il connaissait bien les romains et qu’il y a bien eu une continuité dans la culture romaine classique : les lois, l’architecture comme les aqueducs, les routes, mais aussi la logique et l’écriture du latin. Même les évêques de la religion chrétienne qui s’est déjà presque imposée, sont limités dans leur pouvoir par les anciennes provinces romaines.

C’est une époque où le christianisme est fort dans les villes, mais les comtes (les seigneurs) se retirent plutôt à la campagne à cause des pillages et des famines. Par contre toute la population n’est pas chrétienne, loin de là. En particulier les Francs, les Wisigoths ne le sont pas.

  • La religion chrétienne s’impose aux barbares (dont les Francs)

Clovis est le chef d’une élite militaire franque qui triomphe et pille pas mal, mais ses hommes sont en petit nombre. Alors pour gouverner la Gaule toute entière il veut s’allier à l’aristocratie (les chefs de haut rang) des anciens gallo-romain qui n’a pas disparue. Et puis l’évêque de Reims lui conseille en lui écrivant :

Tu devras t’en rapporter à tes évêques et recourir toujours à leurs conseils

Du coup, il se marie avec une chrétienne Clotilde, et il sera baptisé par l’évêque Remi de la ville de Reims. Cela marque une alliance forte pour avoir plus de pouvoir, mais attention donnant-donnant ! Parce que les évêques lui demande d’aller se battre contre une autre religion des Burgondes et des Wisigoths l’arianisme. Et c’est comme ça qu’il va conquérir de nouvelles terres et que le royaume des Francs va grandir en Gaule. A sa mort en 511 après JC, le royaume de la dynastie des mérovingiens est aussi grand que la France actuelle (mais les frontières sont différentes).

  • Partage du royaume et les successeurs de Clovis

Dans la loi Salique, il est écrit qu’à la mort d’un roi, on partage entre tous les fils. Il y en a pas un seul qui hérite de tout comme 500 ans plus tard avec la dynastie des Capétiens. Mais du coup, avec le temps qui passe, les fils et petits fils de Clovis se font la guerre, s’assassinent entre eux ou demandent aux uns et aux autres de se venger (la Faide). Forcement le système politique s’affaiblit et le pouvoir devient de plus en plus régionale, il n’y a plus de royaume. Les maires du palais qui ne sont pas de la famille de Clovis, mais des comtes prennent le pouvoir sur des territoires qui s’appellent la Neustrie, l’Autrasie, la bourgogne, l’Aquitaine. On appelle cet épisode de l’histoire les Pippinides vers 650 après JC. Du nom d’un seigneur qui s’appelait Pepin.

C’est à cette époque que l’on retrouve le « roi Dagobert » qui régnait sur une région et qui a écrit plein de lois nouvelles qui renforçaient le pouvoir. Et non, à cette époque, il n’avait pas mis sa culotte à l’envers ! Mais je vous expliquerai ça en classe plus précisément si vous le voulez.

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